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Contexte et enjeux : l’indépendance stratégique et la fin de l’enfermement

La plupart des collectivités territoriales et des institutions publiques dépendaient de messageries instantanées propriétaires, fermées et centralisées. Le vrai problème n’était pas seulement technique, mais bien stratégique : ces solutions créent une dépendance vis-à-vis de fournisseurs privés, souvent étrangers, et un enfermement technologique qui limite la liberté de choix et la maîtrise des données.

L’enjeu est double :

  • Indépendance stratégique : pouvoir communiquer sans risque de coupure ou de restriction imposée par des acteurs extérieurs.

  • Non-enfermement : éviter d’être prisonnier d’un écosystème unique, sans possibilité de migration ou d’interopérabilité.

Des conséquences concrètes : quand la dépendance fragilise les institutions

Prenons l’exemple du juge Nicolas Guillou, président de la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale, mis sous sanctions par les États-Unis depuis août 2024. Les conséquences sont immédiates et tangibles, pour ne pas toutes les citer:

  • Restrictions administratives : impossibilité d’utiliser certains outils de communication ou de collaboration, bloquant le travail quotidien.

  • Limitations d’accès à des services essentiels : certains services bancaires, plateformes de paiement ou outils de visioconférence deviennent inaccessibles.

En somme, ces exemples montrent à quel point la dépendance à des infrastructures étrangères peut paralyser des institutions entières.

 

Un projet stratégique : le “Tchap des collectivités”

Face à ces défis, des alternatives existent. Matrix n’est pas une simple messagerie, mais un protocole ouvert et standardisé, qui permet à des serveurs indépendants de communiquer entre eux. Contrairement à WhatsApp, Teams ou d’autres solutions propriétaires, Matrix offre :

  • L’hébergement souverain : chaque collectivité peut héberger son propre serveur, tout en restant connectée à un réseau global.

  • L’interopérabilité : les utilisateurs peuvent échanger avec des personnes hébergées sur d’autres serveurs, sans silos ni verrouillage technologique.

Ce projet est porté par l’Adullact et Déclic, deux acteurs clés du logiciel libre et de la souveraineté numérique. Il s’inspire de Tchap, la messagerie souveraine de l’État, mais est spécifiquement conçu pour les collectivités territoriales. L’objectif : offrir un outil maîtrisé, adapté aux besoins locaux, et sans dépendance à un fournisseur privé.

 

Un lancement inscrit dans la dynamique du service public

Le 28 octobre 2025, plus de 100 acteurs du logiciel libre se sont réunis à l’Institut National du Service Public pour la Journée #off de Numérique en Commun[s], coorganisée par l’Agence Nationale pour la Cohésion des Territoires (ANCT), l’Adullact, Déclic et France Numérique Libre. Lors d’un atelier animé par l’Adullact, le projet Matrix a été officiellement lancé. Alors que l’État central dispose déjà de Tchap, les collectivités territoriales pourront bientôt s'appuyer sur un service Matrix (nommé provisoirement) proposé par l’Adullact, adapté à leurs besoins, sans dépendance à un fournisseur privé.

Le compte rendu de ce Groupe de travail de lancement est désormais disponible : https://adullact.org/matrix-compte-rendu-du-28-octobre-2025

 

Prochaines étapes : construire ensemble la messagerie souveraine des collectivités

La première pierre est posée. Désormais, le projet s’articule autour de deux axes majeurs :

1. Assurer la pérennité avec Element

  • Concevoir une solution par et pour les collectivités, en imaginant un modèle économique accessible et facilitateur.

  • Renforcer les raccordements grâce à une documentation claire et efficace, pour garantir l’autonomie et la maîtrise technique.

2. Structurer la fédération

  • Définir concrètement le modèle de gouvernance : modalités de gestion, règles de coopération et pérennité du réseau.

  • Lancer un service Adullact dédié aux collectivités adhérentes, pour celles qui ne disposent pas de leur propre serveur Matrix.


Prochaine étape médiatique : Un communiqué de presse sera publié à l’issue de notre conférence « Vers une messagerie instantanée libre, décentralisée et souveraine : quel Tchap pour les collectivités ? », le 17 février 2026 lors de l’Alposs. Ce dernier visera a détailler ces prochaines étapes du projet.

 

Conclusion : reprendre le contrôle de ses communications

Avec ce projet, les collectivités territoriales disposeront d’une messagerie souveraine, indépendante et maîtrisée, fondée sur des standards ouverts et hébergée en Europe. Dans un contexte où les solutions dominantes — souvent américaines — peuvent faire peser des risques de dépendance technologique ou juridique, Matrix ouvre la voie à une alternative publique, libre et résiliente.

Ce protocole constitue une infrastructure commune permettant aux collectivités de reprendre le contrôle de leurs communications, tout en restant connectées, interopérables et protégées des influences extérieures.

Affaire à suivre …

Un Logiciel Libre est un logiciel dont l’auteur a rendu les secrets de fabrication, c’est à dire "le code source" public. Dès lors, le logiciel devient librement accessible et librement utilisable.

Un Logiciel Libre ou "Free Software", est défini par quatre libertés :

  • La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages
  • La liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à vos besoins. L’accès au code source est alors une condition requise
  • La liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin
  • La liberté d’améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté. L’accès au code source est alors une condition requise

Le Logiciel Libre, grâce aux quatre libertés qu’il confère à tous, vise à respecter la liberté de l’utilisateur et la solidarité des communautés informatiques.

En pratique, les Logiciels Libres pouvant être librement utilisés, copiés, modifiés et redistribués par tous et en toute légalité, se sont largement diffusés ces vingt dernières années, et le nombre de contributeurs, au bien commun qu’ils constituent, n’a cessé de croître.

Enjeu de société

Les Logiciels Libres pouvant être copiés légalement par tous, ils sont presque toujours téléchargeables gratuitement sur Internet. Cette gratuité permet aux populations les moins favorisées de ne pas être forcées d’avoir recours à la copie illégale pour bénéficier des avancées technologiques. Les Logiciels Libres sont par nature des outils de lutte contre la "fracture numérique".

Le fait que les Logiciels Libres soient diffusés avec leur code source permet d’étudier les techniques qu’ils mettent en oeuvre, de les réutiliser, de les diffuser, y compris en dehors des structures habituelles d’éducation et de formation. Le mode de développement collaboratif au travers d’Internet utilisé par les développeurs de Logiciels Libres facilite les transferts de compétences par delà les frontières.

Le Logiciel libre est un bien non marchand et ceux qui le développent contribuent à la diffusion au plus grand nombre de la connaissance scientifique, d’un savoir-faire technique et de la technologie permettant l’accès au savoir.

Enjeu économique

Le Logiciel Libre a permis le développement d’une économie dynamique dite de "coopétition" où les opérateurs mutualisent certains coûts de recherche et développement et se concurrencent sur les services autour de briques génériques. Aux États-Unis, en Europe, en Asie, une véritable économie de services s'est créée autour des Logiciels Libres.

Les entreprises du secteur se rémunèrent sur le support, la formation, l'intégration, le conseil et la spécialisation de briques génériques. Les organisations utilisatrices adhèrent au modèle pour la qualité de l'offre, mais aussi parce que le Logiciel Libre permet plus d'indépendance et une meilleure maîtrise des coûts de maintenance et de développement interne.

Le nombre d'entreprises utilisant des logiciels libres ne cesse de croître et partout dans le monde, des pans entiers des Systèmes d'Information d'États et de Collectivités basculent vers les Logiciels Libres.

Enjeu stratégique

Le Logiciel Libre est de plus en plus perçu par les pouvoirs publics et les décideurs politiques comme :

  • Un outil de souveraineté et de politique industrielle
  • Un moyen de maîtrise des finances publiques
  • Un facteur de développement durable

Le modèle économique du libre

Pour expliquer le modèle économique du libre, il faut d’abord connaître le fonctionnement du modèle libre.

À la différence des logiciels propriétaires, les Logiciels Libres sont créés pour répondre à un besoin identifié directement par les futurs utilisateurs et développeurs du logiciel en question.

Le développement des Logiciels Libres est basé sur un travail collaboratif. Cela implique une force de travail plus importante et un développement plus rapide.

De plus, les spécifications et les améliorations du Logiciel Libre étant directement réalisées par les usagers, le logiciel est parfaitement adapté aux besoins des usagers et peut à tout moment évoluer.

En terme économique, cela signifie une réduction des coûts de production, d’une part liée à l’absence du poste Recherche et Développement, et d’autre part au travail collaboratif.

Mais alors peut-on parler de rémunération dans le monde du libre ?

Et oui, on peut parler de rémunération dans le monde du libre, cela correspond simplement à tous les coûts qui ne se divisent pas, toutes les activités qui ne sont pas mutualisables c’est à dire tous les services autour du Logiciel Libre : formation, maintenance, installation.

On peut relever plusieurs bonnes raisons de choisir le libre. Tout d’abord, pour sa qualité, pour sa réactivité, pour son coût, et pour la liberté que celui-ci confère.

De plus, en choisissant le libre, il vous est possible d’utiliser, de modifier et de transmettre le logiciel.

D’autres bonnes raisons s’ajoutent, notamment la sécurité, l’innovation, la transparence, la libre concurrence et l’interopérabilté.

L'ADULLACT c'est :

  • Un support téléphonique sur des questions techniques générales
  • Des journées de formation, des séminaires
  • Des tests et des validations de logiciels
  • L'accès à une plate-forme de dématérialisation de marchés publics et à une plate-forme de tiers de télétransmission
  • La participation à des Groupes de Travail* afin de définir ensemble des cahiers des charges
  • L'accès à une documentation, un livre blanc et de nombreuses études

* L’ADULLACT met en place, par l’intermédiaire de Groupes de Travail, des projets informatiques libres répondant aux besoins exprimés par ses adhérents. Avec l’aide de son équipe permanente et de plusieurs collectivités pilotes, l’ADULLACT spécifie le champ fonctionnel des projets, fédère les ressources et coordonne les compétences au sein de la communauté qui l’entoure, établit un cahier des charges précis. Sur ce modèle de fonctionnement, plusieurs projets ont vu le jour et continuent d'évoluer.

La Forge : l'ADULLACT a déployé en avril 2003 son site de développement coopératif (adullact.net).

Le principe de ce site est de centraliser l'ensemble des projets portés par l'ADULLACT afin de permettre facilement aux développeurs et aux utilisateurs de passer d'un projet à un autre, pour tester ou pour participer. Au travers de son site de développement, l'ADULLACT souhaite donner un sens concret à l'idée de mutualisation des efforts des collectivités membres.

En février 2008, l’ADULLACT décide, en accord avec la DGME - Direction Générale de Modernisation de l’Etat - de fusionner sa plate-forme avec Admisource, la plate-forme de développement coopératif de l’Etat.

La forge est utilisée pour télécharger le code source d’un logiciel, pour participer à son développement (via CVS ou SVN), pour consulter les archives des projets, héberger des pages web etc.

Basée sur GForge, c’est le moteur de l’ADULLACT, avec plus de 600 projets déposés et plus de 9 000 contributeurs.

Le magasin : son accès est réservé aux adhérents de l’ADULLACT. Il permet de tout savoir sur les logiciels récents (moins de 18 ou 24 mois), et permet de télécharger des logiciels testés, documentés et packagés avec un helpdesk.

Le grenier : contrairement au magasin, le grenier est accessible à tous. Il permet de trouver des logiciels présents auparavant sur le magasin ou qui font référence au monde du libre.

L'espace de démonstration : plusieurs démonstrations de logiciels libres métiers sont proposées sur ce site, allant du parapheur électronique d’ADULLACT au gestionnaire de contenus Lutèce.

Les sites de projet : permettent de tout apprendre sur un projet promu par l’ADULLACT.

Les listes de diffusion thématiques : pour échanger avec les adhérents.

Pour que fonctionne la mutualisation, il ne faut pas seulement prendre ce que l'ADULLACT a à proposer, il faut participer, donner un peu de son temps pour qu'un échange véritable puisse exister.

Vous pouvez donc :

  • Participer aux groupes de travail collaboratif, dont la liste est tenue à jour notamment grâce à la lettre de l'ADULLACT
  • Faire remonter vos besoins et demander la création d'un groupe de travail collaboratif
  • Échanger avec les autres adhérents, notamment sur les listes de diffusion
  • Mettre des développeurs à disposition d'un projet en particulier
  • Être un relais de l'action de l'ADULLACT dans votre collectivité : sensibilisation au libre, aide technique, information
  • Associer l'ADULLACT aux manifestations organisées par votre collectivité

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