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Et si les collectivités disposaient enfin de leur propre messagerie instantanée souveraine ? C'est l'ambition du projet Matrix, porté par l'ADULLACT et Déclic, qui propose une solution sécurisée, fédérée et adaptée aux besoins du secteur public local. Découvrez les objectifs, le fonctionnement et les premières étapes de ce projet structurant pour l'autonomie numérique des territoires.

 

 


Introduction : repenser la messagerie à l’ère de la souveraineté numérique

Dans un contexte où les collectivités ont besoin d’échanger rapidement, simplement et de manière sécurisée, la messagerie instantanée s’impose comme un outil essentiel du quotidien. Pourtant, les solutions utilisées aujourd’hui ne garantissent pas toujours un niveau suffisant de maîtrise, de confidentialité et de souveraineté sur les données échangées.

C’est dans ce cadre qu’émerge le projet Matrix : une initiative collective visant à construire une messagerie fédérée, sécurisée et opérée par les territoires eux-mêmes. L’ambition est de proposer aux collectivités un environnement de communication moderne, comparable aux usages grand public, tout en garantissant un haut niveau de sécurité et d’indépendance technologique.

Porté par un écosystème d’acteurs du logiciel libre, notamment par l’ADULLACT et le réseau Déclic, ce projet vise à donner aux collectivités les moyens de reprendre la main sur leurs échanges numériques, dans une logique d’autonomie et de confiance partagée.


Le projet Matrix des collectivités : un “Tchap des territoires”

De quoi parle-t-on ?

Le projet est de créer une infrastructure de messagerie instantanée sécurisée et fédérée, visant à prendre la relève de Tchap (messagerie instantanée réservée aux agents des ministères), mais adaptée aux collectivités territoriales.

Il s’agit d’un écosystème interconnecté de serveurs Matrix, opérés localement, capables de communiquer entre eux au sein d’une fédération sécurisée.

L’ambition peut se résumer ainsi : donner aux collectivités l’autonomie d’un système de messagerie souverain et sécurisé.

Qui porte le projet ?
Le projet repose sur une coopération entre plusieurs acteurs :

  • ADULLACT : coordination globale et accompagnement des collectivités de toutes tailles

  • Déclic : mobilisation des OPSN (Opérateurs Publics de Services Numériques) pour déployer les infrastructures locales

  • Les OPSN et collectivités : exploitation de serveurs Matrix sur leur territoire

  • Les prestataires : appui technique et mise en œuvre opérationnelle

  • L’éditeur Element : fourniture d’un cadre industriel et d’un contrat de maintenance structurant

Où et comment sera déployé le système ?
Le modèle repose sur une architecture fédérée :

  • Les OPSN installent et opèrent des serveurs Matrix locaux

  • Les grandes collectivités peuvent également opérer leurs propres serveurs

  • Tous ces serveurs sont reliés entre eux au sein d’une fédération sécurisée des collectivités

  • Les petits territoires peuvent être accompagnés via un service mutualisé proposé par l’ADULLACT ou des prestataires

Cette approche permet une montée en puissance progressive, adaptée aux capacités techniques de chaque structure.

 Des mécanismes de sécurité avancés
Selon le niveau de configuration :

  • intégration possible de solutions d’identité comme ProConnect

  • interconnexion sécurisée avec Tchap pour permettre les échanges avec les services de l’État, notamment les préfectures 


Un enjeu de souveraineté numérique pour les collectivités

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large : celle de la maîtrise des infrastructures numériques publiques.

Pour les collectivités, il ne s’agit plus uniquement de consommer des solutions, mais de reprendre la main sur leurs outils de communication sensibles.

Les bénéfices attendus sont multiples :

  • indépendance vis-à-vis des plateformes privées non souveraines

  • maîtrise des données et des infrastructures

  • résilience des communications publiques

  • réduction de la dépendance aux solutions centralisées étatiques


Un écosystème ouvert plutôt qu’un service unique

Le projet n’est pas un service ADULLACT au sens strict. Il repose sur une logique d’écosystème :

  • les collectivités peuvent s’appuyer sur leurs propres équipes

  • elles peuvent faire appel à des prestataires

  • elles peuvent coopérer avec des OPSN

  • ou utiliser le service en ligne de l’ADULLACT si nécessaire

Cette approche garantit une liberté de choix et d’organisation, sans dépendance unique.


Un cadre industriel structurant avec Element

Un point clé du projet est la mise en place d’un contrat de type LTS (Long Term Support) avec l’éditeur Element.

Ce contrat permet :

  • un socle logiciel stable basé sur Matrix, déjà largement utilisé en Europe

  • des mises à jour de sécurité mensuelles garanties

  • une meilleure prévisibilité pour les collectivités

Ce travail est le fruit de 9 mois d’échanges avec l’éditeur, afin d’adapter la solution aux réalités des administrations françaises.

Ce partenariat témoigne également de la volonté d'Element de s'adapter aux besoins du secteur public. L'éditeur a su prendre en compte les spécificités des collectivités françaises pour construire une offre inédite, pensée pour répondre à leurs enjeux de sécurité, de stabilité et de souveraineté.


État d’avancement du projet

À ce jour :

  • le contrat LTS avec Element est en phase finale de validation

  • les premières signatures sont attendues d’ici début d’été

  • des phases de bêta-test sont en cours avec plusieurs OPSN, collectivités et prestataires

  • des échanges réguliers sont menés pour préparer l’interconnexion

  • les prérequis techniques de la fédération sont en cours de rédaction

 


Conclusion : vers un socle de messagerie souverain pour les territoires

Le projet Matrix des collectivités marque une étape importante dans la construction d’un numérique public plus autonome, sécurisé et fédéré.

En s’appuyant sur un écosystème ouvert réunissant ADULLACT, Déclic, les OPSN, les collectivités et l’éditeur Element, il pose les bases d’un modèle durable : une messagerie souveraine et adaptée aux réalités du terrain.

Plus qu’un outil, il s’agit d’une infrastructure de confiance pour les échanges numériques publics de demain.

Un Logiciel Libre est un logiciel dont l’auteur a rendu les secrets de fabrication, c’est à dire "le code source" public. Dès lors, le logiciel devient librement accessible et librement utilisable.

Un Logiciel Libre ou "Free Software", est défini par quatre libertés :

  • La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages
  • La liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à vos besoins. L’accès au code source est alors une condition requise
  • La liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin
  • La liberté d’améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté. L’accès au code source est alors une condition requise

Le Logiciel Libre, grâce aux quatre libertés qu’il confère à tous, vise à respecter la liberté de l’utilisateur et la solidarité des communautés informatiques.

En pratique, les Logiciels Libres pouvant être librement utilisés, copiés, modifiés et redistribués par tous et en toute légalité, se sont largement diffusés ces vingt dernières années, et le nombre de contributeurs, au bien commun qu’ils constituent, n’a cessé de croître.

Enjeu de société

Les Logiciels Libres pouvant être copiés légalement par tous, ils sont presque toujours téléchargeables gratuitement sur Internet. Cette gratuité permet aux populations les moins favorisées de ne pas être forcées d’avoir recours à la copie illégale pour bénéficier des avancées technologiques. Les Logiciels Libres sont par nature des outils de lutte contre la "fracture numérique".

Le fait que les Logiciels Libres soient diffusés avec leur code source permet d’étudier les techniques qu’ils mettent en oeuvre, de les réutiliser, de les diffuser, y compris en dehors des structures habituelles d’éducation et de formation. Le mode de développement collaboratif au travers d’Internet utilisé par les développeurs de Logiciels Libres facilite les transferts de compétences par delà les frontières.

Le Logiciel libre est un bien non marchand et ceux qui le développent contribuent à la diffusion au plus grand nombre de la connaissance scientifique, d’un savoir-faire technique et de la technologie permettant l’accès au savoir.

Enjeu économique

Le Logiciel Libre a permis le développement d’une économie dynamique dite de "coopétition" où les opérateurs mutualisent certains coûts de recherche et développement et se concurrencent sur les services autour de briques génériques. Aux États-Unis, en Europe, en Asie, une véritable économie de services s'est créée autour des Logiciels Libres.

Les entreprises du secteur se rémunèrent sur le support, la formation, l'intégration, le conseil et la spécialisation de briques génériques. Les organisations utilisatrices adhèrent au modèle pour la qualité de l'offre, mais aussi parce que le Logiciel Libre permet plus d'indépendance et une meilleure maîtrise des coûts de maintenance et de développement interne.

Le nombre d'entreprises utilisant des logiciels libres ne cesse de croître et partout dans le monde, des pans entiers des Systèmes d'Information d'États et de Collectivités basculent vers les Logiciels Libres.

Enjeu stratégique

Le Logiciel Libre est de plus en plus perçu par les pouvoirs publics et les décideurs politique comme :

  • Un outil de souveraineté et de politique industrielle
  • Un moyen de maîtrise des finances publiques
  • Un facteur de développement durable

Le modèle économique du libre

Pour expliquer le modèle économique du libre, il faut d’abord connaître le fonctionnement du modèle libre.

À la différence des logiciels propriétaires, les Logiciels Libres sont créés pour répondre à un besoin identifié directement par les futurs utilisateurs et développeurs du logiciel en question.

Le développement des Logiciels Libres est basé sur un travail collaboratif. Cela implique une force de travail plus importante et un développement plus rapide.

De plus, les spécifications et les améliorations du Logiciel Libre étant directement réalisées par les usagers, le logiciel est parfaitement adapté aux besoins des usagers et peut à tout moment évoluer.

En terme économique, cela signifie, une réduction des coûts de production, d’une part lié à l’absence du poste Recherche et Développement, et d’autre part lié au travail collaboratif.

Mais alors peut-on parler de rémunération dans le monde du libre ?

Et oui, on peut parler de rémunération dans le monde du libre, cela correspond simplement à tous les coûts qui ne se divisent pas, toutes les activités qui ne sont pas mutualisables c’est à dire tous les services autour du Logiciel Libre : formation, maintenance, installation.

On peut relever plusieurs bonnes raisons de choisir le libre. Tout d’abord, pour sa qualité, pour sa réactivité, pour son coût, et pour la liberté que celui-ci confère.

De plus, en choisissant le libre, il vous est possible d’utiliser, de modifier et de transmettre le logiciel.

D’autres bonnes raisons s’ajoutent, notamment la sécurité, l’innovation, la transparence, la libre concurrence et l’interopérabilté.

L'ADULLACT c'est :

  • Un support téléphonique sur des questions techniques générales
  • Des journées de formation, des séminaires
  • Des tests et des validations de logiciels
  • L'accès à une plate-forme de dématérialisation de marchés publics et à une plate-forme de tiers de télétransmission
  • La participation à des Groupes de Travail* afin de définir ensemble des cahiers des charges
  • L'accès à une documentation, un livre blanc et de nombreuses études

* L’ADULLACT met en place, par l’intermédiaire de Groupes de Travail, des projets informatiques libres répondant aux besoins exprimés par ses adhérents. Avec l’aide de son équipe permanente et de plusieurs collectivités pilotes, l’ADULLACT spécifie le champ fonctionnel des projets, fédère les ressources et coordonne les compétences au sein de la communauté qui l’entoure, établit un cahier des charges précis. Sur ce modèle de fonctionnement, plusieurs projets ont vu le jour et continuent d'évoluer.

Pour que fonctionne la mutualisation, il ne faut pas seulement prendre ce que l'ADULLACT a à proposer, il faut participer, donner un peu de son temps pour qu'un échange véritable puisse exister.

Vous pouvez donc :

  • Participer aux groupes de travail collaboratif, dont la liste est tenue à jour notamment grâce à la lettre de l'ADULLACT
  • Faire remonter vos besoins et demander la création d'un groupe de travail collaboratif
  • Échanger avec les autres adhérents, notamment sur les listes de diffusion
  • Mettre des développeurs à disposition d'un projet en particulier
  • Être un relai de l'action de l'ADULLACT dans votre entreprise notamment : sensibilisation au libre, aide technique, information

Vous pouvez adhérer à l’ADULLACT, pour :

  • Participer au partage de l’intelligence pour le bénéfice du service public
  • Partager ses besoins et ses solutions
  • Favoriser le rapprochement des Administrations et des Collectivités Territoriales
  • Devenir indépendant face aux éditeurs en devant acteur de la production des outils
  • Participer au développement d’un logiciel
  • Baisser les coûts d’acquisition et d’utilisation des logiciels
  • Bénéficier de l’accès à tous les services de l’ADULLACT
  • Partager avec l’ADULLACT vos travaux et vos recherches

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